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Abus et maltraitance

Communiqué – Projet de loi 115 sur la maltraitance – Des mesures insuffisantes pour espérer résoudre le problème

MONTRÉAL, le 17 janvier 2017 – Le Québec a besoin d’un message social important : « Non à l’abus et la maltraitance ». Pour l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), c’est très clair; il faut mettre fin à toutes formes d’abus et de maltraitance envers les aînés. Or, le projet de loi 115 n’a pas assez de mordant pour espérer apporter des changements significatifs. Il est aussi surprenant de constater qu’aucun investissement ni ressources supplémentaires n’ont été prévus afin de s’assurer de l’atteinte des objectifs de ce projet de loi. Néanmoins, les consultations publiques en cours représentent un moment crucial pour enfin doter le Québec de tous les outils nécessaires assurant la sécurité et la qualité de vie des aînés.

C’est en ce sens que l’AQDR déplore l’absence du signalement obligatoire dans ce projet de loi. Ce principe vise simplement à créer une responsabilité pour la direction des milieux d’hébergement de protéger les résidents et, pour le personnel ou toute autre personne, de signaler ce qui s’y produit. Cette disposition était d’ailleurs proposée par Mme Marguerite Blais, ancienne ministre responsable des Aînés, dans le projet de loi 399 qu’elle avait déposé en 2013.

« On ne peut pas espérer enrayer la maltraitance envers les aînés si on écarte dès le départ des mesures fondamentales pour y parvenir. Pour nous, le signalement obligatoire permettrait de contrebalancer une fois pour toutes la loi du silence qui persiste encore dans les établissements », soutient Mme Judith Gagnon, présidente de l’AQDR.

Des aînés vulnérables laissés à eux-mêmes

Parmi tous les éléments manquants dans le projet de loi, l’AQDR déplore principalement une grande lacune dans l’accompagnement des personnes aînées en situation de vulnérabilité. Depuis plus de six ans, le gouvernement du Québec a mis en place une série de mesures destinées à contrer la maltraitance faite aux aînés. Pour l’AQDR, l’accompagnement des aînés affectés par la maltraitance reste une condition inhérente pour parvenir à enrayer ce phénomène.

« Les lignes d’écoute ne suffisent plus! Les aînés ont besoin de soutien pour s’en sortir lorsqu’ils subissent une situation de maltraitance. Les centres d’aide et d’accompagnement aux aînés vulnérables doivent être considérés par le gouvernement. Sans accompagnement, nous risquons d’échapper plusieurs personnes vulnérables, souvent isolées, qui n’oseront pas entamer ce chemin seules », souligne Mme Gagnon.

L’AQDR en consultation parlementaire

L’AQDR présente aujourd’hui son mémoire dans le cadre de la consultation sur le projet de loi 115. En plus d’exprimer le point de vue de ses membres sur l’abus et la maltraitance et les moyens de l’enrayer, l’AQDR espère aussi profiter de cette consultation pour aller plus loin que ce qui nous est proposé dans la facture actuelle du projet de loi.

Il y a maintenant près de 40 ans, le Québec a fait un grand virage pour prendre soin de ses enfants et garantir leur développement en toute sécurité. Ce virage ambitieux a fait l’envie de plusieurs pays qui n’arrivaient pas à faire cesser le cycle de violence auprès des enfants. Nous sommes rendus à la même place, mais pour les aînés vulnérables. Un jour, on pourra peut-être parler d’un « Québec fou de ses aînés ».

À propos de l’AQDR
L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) a pour mission exclusive la défense collective des droits culturels, économiques, politiques et sociaux des personnes à la retraite. Elle compte près de 25 000 membres regroupés en 42 sections locales.

Pour consulter le mémoire : http://www.aqdr.org/wp-content/uploads/PL115_Maltraitance_memoire-AQDR.pdf .

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SOURCE Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées

Renseignements : Samuel Labrecque, chargé de projets et relations média, 514 742-9056, samuel.labrecque@aqdr.org

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