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Lucien Bouchard

Réformes en santé: Guerre de mots entre Lucien Bouchard et Gaétan Barrette

Nouvellement choisi par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) comme conseiller spécial, l’ancien premier ministre Lucien Bouchard a sévèrement critiqué le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, hier après-midi. MBouchard a accusé le ministre d’avoir lancé une série de réformes de façon « erratique », « au gré [de ses] humeurs », et de « concentrer tous les pouvoirs entre ses mains ».

Pour le ministre Barrette, ces critiques sont « ironiques », puisqu’elles viennent d’un ancien politicien qui a « mis à feu et à sang le réseau » de la santé.

Selon MBouchard, le ministre Barrette construit « au moyen d’un assemblage hétéroclite, à la pièce, à la petite semaine, des modifications législatives […] qui clairement outrepassent ses pouvoirs ». MBouchard a invité les législateurs de l’Assemblée nationale à « jeter un coup d’œil critique sur l’ensemble de la machine que le ministre est en train de se faire construire ».

« Seuls les législateurs peuvent freiner les appétits autocratiques d’un ministre à la recherche de pouvoirs tellement étendus qu’il pourra dire : “Le réseau de la santé, c’est moi”. »

— Lucien Bouchard

MBouchard reproche au ministre Barrette d’avoir implanté des réformes qui lui permettent de « tout contrôler », notamment en pouvant nommer les membres des conseils d’administration de même que les PDG des établissements de santé. Et éventuellement, avec le projet de loi 130 actuellement à l’étude, le ministre pourrait aussi nommer les PDG adjoints, a souligné MBouchard. « Les directeurs locaux n’ont plus d’autonomie », dénonce-t-il.

Selon lui, si l’Assemblée nationale a jusqu’à maintenant accepté de « jouer le jeu du ministre », c’est parce qu’avoir un aperçu global des réformes n’est pas simple. « Mais il faut regarder la machine dans son ensemble », dit-il.

Une situation « ironique », juge Barrette

Mis au courant des reproches formulés à son endroit par MBouchard, le ministre Barrette a jugé la situation « ironique » puisqu’ils viennent de celui qui a « littéralement viré à l’envers le système de santé dans le mauvais sens du terme » dans les années 90.

« Le moment le plus noir de l’histoire du réseau de la santé, c’est lui qui l’a créé. »

— Gaétan Barrette, faisant notamment référence aux nombreuses mises à la retraite d’infirmières et de médecins

« Ça nous a pris presque 20 ans à nous en remettre », a dit le ministre, suggérant à Me Bouchard un « moment d’introspection ».

Pour le ministre, Lucien Bouchard fait cette sortie « au nom d’un syndicat (FMSQ) aux intérêts hautement corporatistes ».

Les spécialistes se tournent vers la justice

Me Bouchard a pris la parole dans le cadre d’une conférence de presse organisée par la FMSQ pour annoncer que des recours judiciaires étaient en cours contre plusieurs dirigeants du réseau de la santé.

Estimant que les nombreux projets de loi adoptés par le ministre Barrette de même que différentes pratiques imposées par les établissements « portent atteinte à la liberté de pratique et à l’autonomie professionnelle des médecins », en plus de générer « des préjudices aux patients », la FMSQ a envoyé trois mises en demeure, notamment au sous-ministre associé, Michel A. Bureau, de même qu’aux présidents des conseils d’administration et aux PDG des centres hospitaliers. Ces mises en demeure visent à mettre un terme à certaines pratiques dans les hôpitaux, notamment le non-remplacement de médecins spécialistes en congé parental.

La FMSQ demande aussi le retrait du projet de loi 130 jugeant qu’il comporte des « obligations inacceptables qui porteront atteinte à une saine pratique médicale ».

Si rien ne bouge, la FMSQ n’écarte pas la possibilité de déposer des poursuites. « Nous sommes 10 000 médecins. S’il faut déposer 10 000 poursuites, on le fera », affirme la Dre Francoeur.

Par ailleurs, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) vient elle aussi de charger un cabinet d’avocats d’« évaluer toutes ses options juridiques ».

Le ministre n’a pas commenté la situation, si ce n’est que pour dire qu’il n’est « pas surpris » que la FMSQ ait choisi la voie légale pour défendre l’intérêt de ses membres. « Ils ont le droit », dit-il.

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